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Haro sur le zèle sécuritaire à Afanyan : quand des gendarmes se trompent de cible!

Haro sur le zèle sécuritaire à Afanyan : quand des gendarmes se trompent de cible!

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Par Rodrigue Ahégo,

La Voix des Sans Voix 

L’actualité récente concernant le confrère Roger AMEMAVOH de Capture Média, « invité » par la gendarmerie d’Afanyan selon un procédé aux allures de convocation, réveille de vieux démons que l’on croyait, ou que l’on espérait, enterrés. Cette énième intrusion des forces de l’ordre dans le champ médiatique n’est pas un incident isolé, mais le symptôme d’un mal profond : le zèle et le paternalisme de certains porteurs d’uniformes et d’armes.

Un scénario de déjà-vu

L’histoire bégaie à Afanyan. Il y a quelques années, sur les ondes de la radio Mokpokpo, j’ai moi-même fait l’expérience de cette atmosphère d’intimidation. À peine avais-je terminé mon analyse de l’actualité socio-politique nationale que le Commandant de Brigade (CB) de l’époque (je ne sais pas si c’est le même qui est encore au poste), dont les bureaux font face à la radio, s’est cru investi d’une mission divine. En jouant les « Zorro » auprès de l’animateur, il a étalé une suffisance aussi inutile qu’illégitime.

Aujourd’hui, avec le cas Roger AMEMAVOH, la question se pose avec une acuité renouvelée : Qu’est-ce que la gendarmerie vient chercher dans l’exercice professionnel d’un journaliste ?

Le mélange des genres : un danger pour l’État de droit

Le rôle de la gendarmerie est clair : la sécurité, la protection civile et l’ordre public. En aucun cas, elle ne dispose de la compétence légale pour devenir un organe de régulation de la presse.

– L’usurpation de fonction : lorsqu’un gendarme s’immisce dans le contenu d’une émission ou convoque un professionnel des

médias pour ses opinions, il sort de son cahier des charges.

– L’intimidation comme mode de gestion : ce comportement traduit une vision archaïque où le porteur d’armes se considère comme le propriétaire du « champ de maïs » national, s’autorisant à fourrer son nez dans toutes les sauces sociales et politiques.

– L’abus d’autorité : ces « brebis galeuses » jettent le discrédit sur l’ensemble des corps habillés, dont beaucoup exercent pourtant leur métier avec un professionnalisme exemplaire et un respect strict des institutions.

La HAAC face à ses responsabilités

Certes, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) traverse une zone de turbulences, entre mandats expirés et processus de renouvellement en suspens. Mais l’institution, même fragilisée par cette apparente illégitimité, doit impérativement réagir.

Il est temps que la HAAC :

– réaffirme son autorité exclusive sur la régulation des médias;

– protège les journalistes contre les pressions indues des forces de sécurité;

– rappelle à l’ordre ceux qui, par excès de zèle, tentent de museler la liberté de presse par la menace.

« Chacun n’a qu’à rester dans son cahier de charges ».

Le Togo ne peut se construire sur l’intimidation et le mépris des prérogatives de chaque corps socioprofessionnel. Si les gendarmes doivent veiller sur nos routes et nos villages, ils doivent aussi apprendre que la liberté d’expression n’est pas un délit de leur ressort. Il est impératif de mettre fin à ce paternalisme sécuritaire qui étouffe le débat démocratique.

La plume n’a pas d’ordres à recevoir du fusil, tant que la loi est respectée.