Togo : l’ANC dénonce une « indépendance confisquée » et appelle à une « renaissance démocratique »
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Dans un message solennel publié à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Togo, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) dresse un bilan sévère de la trajectoire politique du pays. Le parti de l’opposition dénonce la persistance d’un système de gouvernance autoritaire et dynastique, marqué selon lui par la confiscation de la souveraineté populaire, et appelle les Togolais à une mobilisation nationale pour la restauration de la démocratie et de l’État de droit.
MESSAGE DU PRESIDENT NATIONAL DE L’ANC
AU PEUPLE TOGOLAIS
À l’occasion du 66ème anniversaire de l’indépendance du Togo, le 27 avril 2026
Voici déjà 66 ans d’indépendance confisquée.
A quand donc la renaissance démocratique et souveraine de notre pays?
Togolaises, Togolais,
Mes Chers Compatriotes du Territoire National et de la Diaspora,
Le 27 avril 1960, sous la conduite du Président Sylvanus Olympio, le peuple togolais proclamait son indépendance, au terme d’un combat politique courageux, marqué par une victoire électorale éclatante des forces nationalistes.
En ce moment solennel de notre histoire, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) tient à rendre, cette année encore, un hommage appuyé, ému et reconnaissant au Président Sylvanus Olympio, ainsi qu’à ses valeureux compagnons de lutte. Par leur courage, leur détermination et leur sens élevé du sacrifice, ils ont incarné et porté les aspirations profondes du peuple togolais à la liberté, à la dignité et à la souveraineté. Beaucoup ont consenti des privations, subi des persécutions, affronté l’adversité, et certains ont payé de leur vie, leur engagement pour l’indépendance de notre pays. Leur combat demeure une source d’inspiration inépuisable, un repère moral, un précieux héritage pour toutes les générations.
Cet héritage portait une ambition claire : bâtir un État souverain, démocratique, libre de ses choix, engagé sur la voie du progrès économique, social et politique.
Le 13 janvier 1963, cet élan fut brutalement brisé par l’assassinat du Président Sylvanus Olympio, un crime perpétré par d’anciens soldats démobilisés de l’armée coloniale française.
Un crime resté impuni jusqu’à ce jour. Un acte tragique qui a inauguré une longue période de violence et de confiscation du pouvoir d’État par l’armée, sous la férule de Gnassingbé Eyadéma.
N’est-il pas temps que le peuple togolais unanime, se mobilise enfin pour exiger que toute la lumière soit faite sur l’assassinat du grand héros de l’indépendance et Père de la nation togolaise, le Président Sylvanus Olympio ? C’est en tout état de cause, le sens de la requête en date du 08 janvier 2026,
adressée par l’ANC au Président de la République française M. Emmanuel Macron et dont une suite conséquente et diligente obligerait l’ensemble des populations Togolaises.Pendant plusieurs décennies, Gnassingbé Eyadéma a dirigé le pays sans partage, installant un régime autoritaire fondé sur la concentration des pouvoirs, la restriction des libertés et l’organisation systématique de fraudes électorales accompagnées de violences et d’exactions de toutes sortes.
À sa disparition en 2005, son fils, Faure Gnassingbé, lui succède dans des conditions sanglantes d’une rare violence. Plus de 500 morts selon le rapport Doudou Diène d’établissement des faits des Nations-Unies.
Depuis lors, Faure Gnassingbé perpétue et consolide un système politique verrouillé, reposant sur un appareil sécuritaire omniprésent et des institutions dévoyées de leur mission républicaine.
Aujourd’hui, sous couvert de réformes institutionnelles, une nouvelle étape est franchie avec la transformation unilatérale du régime politique, sans consultation du peuple souverain. La suppression de l’élection présidentielle et l’instauration d’un exécutif concentré entre les mains d’un ‹‹ Président du Conseil ›› traduisent une volonté manifeste de pérennisation du pouvoir personnel, en contradiction avec les aspirations profondes du peuple togolais. Soixante-six ans après l’indépendance, le constat est sans appel : les espoirs de liberté, de justice sociale et de développement partagé ont été trahis. Le Togo demeure pris en otage par un système dynastique, où l’alternance démocratique est empêchée et où les citoyens sont privés de leur droit fondamental de choisir librement leurs dirigeants.
Face à cette situation, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) lance un appel solennel à l’ensemble du peuple togolais:
À se mobiliser résolument pour la restauration de la démocratie et de l’État de droit ;
À refuser toute confiscation de la souveraineté populaire ;
À œuvrer ensemble pour l’avènement d’institutions crédibles, transparentes et véritablement représentatives;
À redonner sens et contenu à l’idéal d’indépendance pour lequel nos aînés se sont battus.
Le 27 avril 2026 ne doit pas être une simple commémoration. Il doit être un moment de mémoire, de recueillement et d’engagement renouvelé. En honorant Sylvanus Olympio et ses compagnons, en nous montrant dignes de leur héritage, faisons le choix du sursaut national, de la reconquête de notre dignité collective et rallumons pour tous, le flambeau de l’espérance.
Le Togo appartient à toutes les Togolaises et à tous les Togolais. Il est temps de le libérer.
Vive le peuple togolais libre et souverain!
Vive le Togo !
Vive la République !
ABLODE!
ABLODE!
ABLODE GBADJA!
Fait à Lomé, le 26 avril 2026
Jean-Pierre Fabre