Togo- Malgré une décision de justice, le dictateur Faure Gnassingbé refuse de libérer « ses prisonniers personnels »
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Lors de son discours à l’occasion du 66ème anniversaire de l’indépendance du Togo, Faure Gnassingbé laissait entendre que « rassembler notre pays (…), c’est construire la confiance dans des institutions efficaces et dans une justice fiable ». Encore un mensonge du président du conseil des ministres comme il s’y illustre souvent. Car quelques semaines avant ce discours, son régime a foulé au pied l’arrêt N°040/2026 rendu par la Chambre d’Instruction de la Cour d’Appel de Lomé, qui a ordonné la libération de 13 détenus politiques.
Dans un communiqué conjoint diffusé ce 02 mai 2026 par la Dynamique Mgr Kpodzro (DMK), le Front Touche Pas A Ma Constitution (TPAMC), la Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP) et la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), ils dénoncent un énième déni de justice démontrant l’arbitraire du pouvoir de Faure Gnassingbé.
« L’Arrêt N°040/2026 du 18 février 2026 de la Chambre d’Instruction de la Cour d’Appel de Lomé a ordonné la libération de 13 détenus politiques. Malgré cela, les autorités politiques démontrent encore une fois qu’elles contrôlent l’appareil judiciaire, en maintenant en prison les personnes bénéficiant dudit arrêt. Il s’agit de :
ADAM Latif, ALI Agbo Marzouk, ALLES Atti, BANAVEI Balan alias « Général du 19 août », BOUKARI Djobo, FOFANA Nafiou, alias « Agogo », ISSA Issoufou, ISSA Saliou, MOHAMMED Souleymane, YAKOUBOU Bilal, YAYA Soulemani, alias « Mengoua », YOUSSOUF Ali, MAROU Abdoul Razak alias « Vis-à-Vis » », indique le communiqué.
Les signataires rappellent qu’il s’agit une récidive constante du pouvoir de Lomé car « des décisions de la Cour de justice de la CEDEAO ordonnant des libérations depuis plusieurs années sont toujours non-exécutées : c’est notamment le cas de GNASSINGBE Kpatcha et ATTI Abi. ».
Il en est de même d’une dizaine de décisions de justice, nationales et internationales, et des recommandations des organisations internationales comme les arrêts respectifs de la Cour de Justice de la CEDEAO concernant les victimes de la torture dans l’affaire Tigre
Révolution (ECW/CCJ/JUD/12/23), les victimes de la torture, militants de la C14 (ECW/CCJ/JUD/45/2023), le procès inéquitable vis-à-vis des victimes de la torture de 2009 (ECW/CCJ/APP/19/11), la victime de torture Jean Paul Omolou (ECW/CCJ/JU/02/24), la coupure arbitraire de l’internet lors des manifestations politiques de la C14 (ECW/CCJ/JUD/09/20).Advertisement
A celles-ci, s’ajoutent l’arrêt du 23 février 2022 de la Cour d’appel de Lomé pour le transfèrement de Jean Paul Oumolou du SCRIC à la maison d’arrêt de Lomé ou encore celui de la Chambre d’Accusation de la même Cour en date du 18 novembre 2020 demandant une enquête sur les allégations de torture sur les militants de la C14 en détention.
Il ne faut pas oublier l’instruction du Groupe de Travail de l’ONU sur la détention arbitraire concernant Kpatcha Gnassingbé et Atti Abi.
Rappelant la funeste actualité des détentions arbitraires, les signataires du communiqué évoquent celles de plus de 70 personnes dont Jean Paul Oumolou, l’ex ministre des Armées Marguerite Gnakadé, l’humoriste Akpaou Gros alias Tayo, de Honoré Sitsopé Sokpor alias Affectio.
Face à cette gouvernance liberticide, ces partis politiques et Organisations de la Société Civile exigent :
- la libération immédiate et sans condition de l’ensemble des détenus politiques ;
- la reconnaissance officielle et la réparation des préjudices dus aux violations des droits dont ils ont été victimes.
Ils appellent par ailleurs toutes les couches sociales de la population togolaise, notamment les étudiants, les enseignants, le personnel de santé, les transporteurs, les conducteurs de taxi-moto, les commerçantes et commerçants, les fonctionnaires civils ou non, les dockers, les professionnels du secteur privé, les agriculteurs et les syndicats à :
- s’exprimer massivement contre ces détentions arbitraires et contre tous les abus de pouvoir que les citoyens subissent au quotidien, que ce soit dans le secteur du foncier ou dans la vie ordinaire ;
- à maintenir la pression sur le régime, afin d’obtenir la libération des détenus politiques et la cessation de tous les abus de pouvoir.
source ; lalternativetogo.info