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La Police nationale togolaise a annoncé le démantèlement d’un réseau de présumés voleurs de motos opérant entre les préfectures d’Agou et du Haho. Trois individus, dont deux ressortissants béninois et un Togolais, ont été interpellés à la suite d’une opération menée le 24 mai 2026.
Selon un communiqué de la Police nationale, l’affaire a débuté à Agou-Gare où les forces de l’ordre ont récupéré des mains d’une foule un homme identifié comme D. Martin, 39 ans, de nationalité béninoise. Ce dernier tentait d’échapper à la vindicte populaire à bord d’une moto volée.
Son audition a permis aux enquêteurs de remonter la piste de ses complices. Deux autres suspects ont ensuite été interpellés respectivement à Notsemonou, dans la préfecture d’Agou, et à Notsè, dans la préfecture du Haho. Il s’agit de A. Pascal, 41 ans, également Béninois, et de D. Félix, un Togolais. Les trois hommes sont poursuivis pour vols de motos en bande organisée et association de malfaiteurs.
La Police indique qu’un quatrième membre du réseau, identifié sous le nom d’Agbé, de nationalité togolaise, est actuellement en fuite. Il serait en possession de l’un des engins volés.
D’après les premiers éléments de l’enquête, le mode opératoire du groupe consistait à droguer les victimes en leur offrant des boissons mélangées à des substances somnifères. Une fois leurs cibles endormies, les malfaiteurs s’emparaient de leurs motos avant de les revendre au Bénin.
Les suspects reconnaissent avoir dérobé au moins trois motos. Deux des engins ont déjà été retrouvés et restitués à leurs propriétaires. La Police précise également qu’une partie des substances utilisées pour endormir les victimes a été découverte dans la chambre de l’un des mis en cause à Notsè.
Les trois suspects ont reconnu les faits et devraient répondre de leurs actes devant la justice.
À travers ce communiqué, la Police nationale a réaffirmé sa détermination à lutter contre les réseaux criminels sous toutes leurs formes. Elle invite par ailleurs les populations à la vigilance, notamment face aux offres de boissons ou de nourriture provenant de personnes peu connues.
Togoactualité
[28/05 10:11] Joel Liberté: Togo/Justice : l’ASVITTO dénonce le maintien en détention de prisonniers pourtant remis en liberté par la justice
L’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO) hausse le ton face à ce qu’elle considère comme une grave
Selon l’ASVITTO, la Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé avait ordonné, par arrêt n°040/2026 rendu le 18 février 2026, la remise en liberté provisoire de plusieurs détenus dans le cadre d’une procédure pénale en cours. Mais plus de trois mois après cette décision, les concernés seraient toujours incarcérés.
Pour l’organisation de défense des droits humains, cette situation constitue une violation grave des principes de l’État de droit. L’ASVITTO estime que la non-exécution de cette décision de justice « porte atteinte à l’autorité de la chose jugée, fragilise la crédibilité de l’institution judiciaire et interroge sur la garantie effective de l’indépendance des magistrats ».
Dans sa correspondance adressée à l’Union syndicale des magistrats du Togo (USYMAT), à l’Association nationale des magistrats (ANM) et à l’Association professionnelle des magistrats du Togo (APMT), l’association évoque également un problème plus large lié à l’exécution des décisions judiciaires au Togo.
Elle cite notamment les arrêts de la Cour de justice de la CEDEAO ordonnant la libération et la réparation de certains citoyens togolais victimes de violations de droits humains, décisions qui, selon elle, restent également inappliquées.
« L’État togolais est représenté devant cette haute juridiction communautaire par nos magistrats », rappelle l’ASVITTO, qui juge préoccupante cette situation.
Tout en se disant ouverte à toute explication d’ordre juridique ou procédural pouvant justifier ces retards d’exécution, l’organisation affirme que l’absence de clarification alimente « de légitimes inquiétudes quant au respect des principes fondamentaux de l’État de droit ».
L’ASVITTO appelle ainsi les syndicats de magistrats à jouer pleinement leur rôle de défenseurs de l’indépendance de la justice et du respect du serment judiciaire. Elle les exhorte à faire preuve de vigilance face à ce qu’elle qualifie de « bafouement du pouvoir judiciaire », dénonçant au passage « l’influence exagérée de l’exécutif » ainsi que « la perte de confiance des citoyens envers l’institution judiciaire ».
L’association invite enfin les magistrats togolais à exprimer leur indignation face à ces situations qu’elle considère contraires aux principes fondamentaux de justice et de droit.